Tuesday, February 07, 2012

Nieve en Roma

No es mi costumbre de copiar un artículo entero en mi blog, pero este que sigue quiero guardar para 'la eternidad'. Chapeau, Andrea Pomella ! Et, vive les romains et la psychanalyse !

Neige à Rome : c'est l'apocalypse !

Quand il neige dans la capitale italienne, rien ne va plus. Piétons en tenue de ski, supermarchés pris d’assaut, crises d’hystérie : le récit d’un écrivain ahuri qui ne reconnaît plus sa ville et encore moins ses habitants.

06.02.2012 | Andrea Pomella | Il Fatto Quotidiano


Un homme skie devant le Forum de Rome, le 4 février.

Un homme skie devant le Forum de Rome, le 4 février.

Samedi matin, 11 h 15, le trottoir est couvert de neige. Absolument tout, à Rome, est couvert de neige : les voitures, les arbres, les rues. Deux femmes passent, elles toussent et semblent essoufflées. La première porte des chaussures de montagne, l’air de s’y connaître. L’autre avance péniblement en s’appuyant sur ses bâtons de ski ; elle porte une épaisse fourrure, des lunettes miroir et un chapeau digne d’un aviateur japonais. Au milieu de la rue, des enfants font des batailles de boules de neige. Un homme d’une soixantaine d’années promène son chien, gris et maigre, et photographie les arbres.

Je tourne au coin de la rue et j’arrive dans la partie la plus animée du quartier. En avançant, je croise des visages furieux, des femmes qui marchent avec la prestance de retraitées russes, des gens qui parlent plus fort que nécessaire. Je m’approche d’une benne à ordures et je vois que de nombreux sacs-poubelle jonchent le sol. J’imagine que les camions sont sans doute restés au dépôt aujourd’hui, mais en m’approchant un peu plus, je remarque que la benne est pratiquement vide. La neige, événement insolite à Rome, aurait-elle généré un climat d’anarchie généralisée, une sorte d’interruption temporaire des normes de comportement civil ?

Marché noir

J’arrive au bout de la rue. Sous les arcades, des personnes attendent. Là-bas, une petite rampe d’une vingtaine de mètres mène à l’entrée du supermarché. Je n’en crois pas mes yeux : tous ces gens, habillés à la va-vite, font la queue pour entrer dans le magasin. Je me rapproche et les observe plus attentivement : dans la file, il y a même un type avec une luge à l’ancienne. Les clients chanceux qui ressortent du magasin poussent des chariots remplis de courses, et paradent, un sourire de satisfaction perfide au coin des lèvres, devant ceux qui attendent.

Je prends une photo avec mon téléphone avant de m’éloigner. À 50 mètres de là, je suis témoin d’une scène encore plus absurde : une femme avec un caddie plein à ras bord accoste un homme à l’air affligé. Il vient juste d’abandonner et de quitter la queue. La femme l’attire vers elle et lui demande, à voix basse, s’il a besoin de quelque chose, ajoutant qu’elle pourrait éventuellement lui vendre un paquet de pâtes, du sucre, de l’huile voire quelques fruits. L’homme, plus que stupéfait, paraît hagard : jamais il n’aurait imaginé qu’à cette époque, que dans cette partie du monde, il soit possible de tomber sur quelqu’un qui revende ses courses au marché noir. Moi non plus, d’ailleurs. Je décide donc de rentrer chez moi.

Hystérie collective

Dans l’après-midi, je finis par ressortir. Je suis curieux de voir comment a évolué la situation au supermarché. Il n’y a plus de queue. J’entre. Devant mes yeux, une scène surréaliste qui semble tout droit tirée du cauchemar post-apocalyptique déchirant décrit par Cormac McCarthy dans son roman La Route. Des rayons entiers d’étalages vides, des dizaines d’œufs cassés. Ici, une personne fait une razzia sur le pain en tranches. Là, une femme rafle les piles électriques quand son mari lui demande : "Qu’est-ce que tu veux qu’on en fasse ?" Elle le fusille d’un regard démoniaque : "Tais-toi, ça peut servir." En entendant les borborygmes de deux hommes qui se disputent la dernière boîte de thon sur Terre, je me dis qu’aucun plan d’urgence ne pourrait aider cette ville à affronter la neige. Un psychanalyste serait probablement plus utile.

2 Comments:

Blogger José Luis Ríos Gabás said...

Supongo que pasa como en España: los medios de comunicación crean, habitualmente, alarmas sobre muchas cosas que antes sucedían sin más, no eran" acontecimientos". Estado de miedo generalizado.

Un abrazo

2:49 PM  
Blogger giovanni said...

Es extraño cuán receptiva la gente es para un estado de miedo creado por medios de comunicación y charlas entre la gente. Más en general, la gente es muy receptiva para la indoctrinación que puede llevar a cosas terribles en que, echando la culpa a 'otros', se cierra el ojo a represión, matanzas etcétera, pero no necesito decir eso a ti. Una vez la violencia instalada en forma de conflicto eterno, como en Palestina-Israel, creo que se necesita más bien psicoanalistas que políticos para resolver los problemas.

Un abrazo

10:46 PM  

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